La journée de la femme, vraiment?

Traiteur éthique

​On m’a demandé de participer à l’enregistrement d’une émission cuisine à l’occasion de « la journée de la femme ». Outre le fait que je n’étais pas disponible ;), j’ai eu aussi peur de ne pouvoir exprimer un point de vue un minimum complexe, et donc d’être cantonnée aux platitudes, comme nous en entendons parfois trop.

​J’ai eu la chance d’avoir grandi entourée de femmes « de caractère », qui ont choisi ou ont du, par les conditions de leur vie, prendre les choses en main.  Avoir l’impression de ne pas pouvoir le faire moi-même ne m’est jamais passée par l’esprit.  J’ai toujours tendance à rechercher plutôt l’équilibre et l’équité et … à mettre les choses en place pour faire ce dont j’avais envie sans trop me poser de question. J’ai choisi un métier (chef de cuisine + entrepreneur) encore fort occupé par la gent masculine encore à ce jour, mais cela n’a jamais posé vraiment de problème. J’ai sans doute du me battre plus pour obtenir de la reconnaissance (de la clientèle, publique, mais avant tout de moi-même), mais je ne vis pas pour elle – à partir du moment où j’ai pu vivre d’un métier que je trouvais passionnant j’étais satisfaite. On peut parler des différences physiologiques (la taille, la force, ….) – pour ma part je suis passée au dessus de toutes. Certes j’ai souffert du dos mais c’est loin d’être un problème exclusivement féminin.

Et si nous inversions la question? Je préfère, plutôt que de parler d'homme ou de femme, de parler de qualités masculines et féminines. Si les hommes avaient du mal à accepter d’intégrer des qualités considérées comme plus féminines ? Que ce ne soit pas vu comme un manque de virilité de laisser son épouse faire la carrière qu’elle souhaite, avoir plus de reconnaissance publique, avoir le plus gros salaires et qu’il se sente le droit, lui aussi, de faire de bons petits plats, d’aller chercher les enfants à l’école, de se passionner pour la déco de sa maison parce qu’il y passe plus de temps (oui, oui, ce sont des clichés!). Et si les femmes arrêtaient d’attendre d’un homme qu’il décide, qu’il mette des limites, qu’il aille chasser et ramène un bon steak pour dîner et lui offre une belle fourrure pour aller au bal? (je m’enfonce…)

Il y a de quoi faire de chaque côté. De mon point de vue, un homme que l’on aura autorisé à exprimer sa vulnérabilité, qui aura appris à faire la vaisselle et une lessive est un homme à marier – le mien m’a séduite aussi avec une éponge d’ailleurs. 😀 Chacun gagne à écouter l’autre et à le laisser exister comme il le souhaite. Plus de mixité sociale et de tolérance, à mes yeux, est synonyme d’évolution de société.

La liberté (et par ce mot je ne veux pas dire l’absence d’attaches ou de responsabilité) est une valeur dont j’aurais bien de la peine à me passer. Et cette journée peut être l’occasion de prendre un peu de recul sur les conventions sociales qui entourent le genre, pour devenir des individus plus libres et conscients de leurs choix!

(crédit photo: https://www.photoromeo.be/)